Atout France, pour une Meilleure Compétitivité de nos Industries
Le 14 juin dernier, nous avons assisté à la journée nationale des Industries Françaises de l’Ameublement - © UNIFA.
Le thème de cette rencontre « Atout France, pour une Meilleure Compétitivité de nos Industries » abordait le développement durable, entre autres, sous l’angle du Made In France.
Des intervenants de qualité (dont Mme Laurence Parisot, Présidente du Médef et Mr Gérard Laizé, Directeur Général du VIA), se sont succédés au gré de tables rondes animées par Valérie Durier, Journaliste à France 5.
Nous vous proposons de partager la présentation de Mme Pascale Hebel, Directrice du Département Consommation du Crédoc qui intervenait sur les conditions sous lesquelles le Made In France Fait vendre et les nouvelles attentes des consommateurs et des acheteurs professionnels.

A quelles conditions le "made in France" fait-il vendre ?
Les nouvelles attentes des consommateurs et des acheteurs professionnels
Valérie DURIER, Journaliste à France 5
Je propose à Pascale HEBEL de commencer la table ronde par une présentation de l’étude qui a été menée par le CREDOC.
Pascale HEBEL
Directrice du Département consommation du CREDOC
Je vais vous présenter les résultats de l’étude sur les attentes des consommateurs étrangers, mais aussi sur celles des Français. En ce moment, le critère de l’origine des produits est très important, notamment l’origine régionale de ceux-ci.
Je pense que c’est la crise économique qui a fait changer les modes de consommation. Les résultats que je vais vous présenter sont issus d’une étude remise l’année passée à la DGCIS. Depuis 2008, la société de consommation a été remise en cause par les consommateurs. Les marques et les labels ont été dépréciés par ceux-ci, qui veulent donner un sens à leurs achats (garantie écologique, droits des salariés etc.).
Le Grenelle de l’environnement a fait écho chez les consommateurs. Ces derniers affirment leurs valeurs au travers de leurs achats.
Le critère « fabriqué en France », mais surtout le critère « fabriqué dans ma région », ont fortement progressé. Les Français, en tout cas certains consommateurs, considèrent que l’impact carbone est moindre lorsque la production est locale.
Pour les Français, le « fabriqué en France » est de meilleure qualité
Le deuxième critère en développement, ce qui a été aussi constaté lors de la crise de 1993, est celui de l’emploi français. Lors des grandes crises, les Français veulent privilégier des produits réalisés en France pour favoriser l’emploi. Ce critère devrait reculer lorsque la crise aura disparu. En 2011, les consommateurs sont plus nombreux à accepter de payer plus cher des produits s’ils sont français.
Par ailleurs, l’étude fait état d’un doublement des répondants considérant que le « fabriqué en France » est de meilleure qualité. Cet engouement pour les produits français est fort. Il existe une réelle attente des consommateurs autour de la préservation de l’emploi en France.
L’étude DCIS a porté sur 6 pays, dont la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, les Etats-Unis, l’Angleterre. Ces deux derniers étaient perçus comme protectionnistes.
« Fabriqué en France », troisième critère chez les Français
Le critère « fabriqué dans mon pays » est le troisième avancé par les consommateurs en France, alors qu’il est au dernier rang dans les autres pays. La notion de lien social a été beaucoup avancée dans les réponses. Sur le service après-vente, le marketing, les marques, la France et l’Italie ne semblent pas suffisamment présents. En revanche, ces deux pays sont plus attentifs à des critères éthiques.
Marketing, Service Après Vente et Innovation d'Usage
En conclusion, je tiens à souligner qu’il faut développer le service après-vente et le marketing (innovation d’usage) pour vendre davantage à l’export. Les entreprises françaises sont très orientées vers l’innovation technologique, mais doivent aussi innover pour tenir compte des spécificités des consommateurs (produits pour les seniors par exemple, personnalisation des produits). En ce moment il est essentiel de mettre en avant le caractère local des produits.
Nous considérons que le protectionnisme disparaîtra à long terme, une fois que la crise aura reculé. Le critère « fabriqué en France » aura donc moins d’impact à terme. Pour les jeunes générations, l’essentiel est de se diriger vers d’autres modes de consommation.
Par exemple, les consommateurs apprécient de participer à la fabrication d’un produit (meuble Ikea par exemple), ainsi que la personnalisation des produits. Il est un autre marché où les entreprises ne doivent pas rester inactives : la seconde vie des objets (occasion, location).
Développement Durable et RSE : les valeurs pour séduire les jeunes générations et les retraités à fort pouvoir d'achat
Les consommateurs cherchent aussi dans les marques un respect de valeurs. Le développement durable et la RSE sont des critères importants chez les jeunes.
Pour ce qui est des seniors, je pense que la France est en retard. Les fabricants de meubles cherchent à réaliser des meubles pour tous, mais pas pour des clientèles spécifiques – alors que les seniors sont une population très riche. Les jeunes épargnent peu et vivent à crédit, alors que les seniors disposent d’une forte épargne.
Il existe donc un potentiel pour les industriels qui sauront prendre en compte les nouvelles attentes des consommateurs.
De même le marché évolue et de nouveaux segments s’ouvrent aux industriels. Cela se confirme, la survie, voire l’essor de l’ameublement français passe nécessairement par une démarche développement durable.




